Nabil Hadjarab (young man)

Nabil Hadjarab (français)

Date de naissance: 21 juillet 1979
Lieu de naissance: Algérie
Arrestation: Frontière Pakistan-Afghanistan, 2001
Statut: Libéré, de retour en Algérie
Langues parlées : français, anglais, arabe
Intérêts personnels : langues, art, dessin, football


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Nabil Hadjarab a passé onze ans pénibles dans le centre de détention de la Baie de Guantánamo. Il n'a été inculpé d'aucun crime et n'a eu droit à aucun procès. En 2007, les autorités américaines ont confirmé qu'il ne présentait aucune menace pour quiconque.

Les agents responsables de son interrogatoire l’avait, en réalité, déjà informé de la confusion de son identité avec celle d'un autre homme: sa détention est une erreur. En août 2013, Nabil a été libéré et a pu rentrer chez lui en Algérie.

Nabil est né en Algérie le 21 juillet 1979. Il est arrivé en France alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Le père de Nabil, Saïd s’est installé en France en 1954. Il tenait un petit café à Lyon. Nabil a sept demi-frères et demi-sœurs du précédent mariage de son père. Tous sont de nationalité française.  Nabil est le seul enfant issu de la seconde union de son père et le seul donc, à ne pas avoir la nationalité française.

Les premières années n’ont pas été faciles pour Nabil. En raison de problèmes personnels, son père a dû le confier à une famille d’accueil à l’âge de deux ans et demi. Cette famille, dont Nabil garde un excellent souvenir a pris soin de lui jusqu’à ses neuf ans. Nabil décrit cette période comme étant la plus heureuse de sa vie. Durant ces années passées à Savigny, son père et son oncle lui rendaient visite régulièrement. Lorsqu’il avait neuf ans, Nabil a été récupéré par son père et emmené en Algérie où il a poursuivi ses études, revenant dès que possible voir son oncle et ses demi-frères en France.

Le grand-père et le père de Nabil ont tous deux servi la France en s’engageant dans l’armée. Le demi-frère de Nabil s’est lui aussi engagé dans l’armée française où il a été décoré de l’Ordre national du Mérite. Le père de Nabil est mort d’un cancer en 1994 alors que Nabil n’était âgé que de quinze ans. Depuis, c’est son oncle qui a pris Nabil sous son aile, lui qui l’a toujours considéré comme son propre fils.

A vingt-et-un ans, Nabil est retourné en France. N’étant pas français il a demandé des conseils juridique afin d’obtenir un droit de résidence. Ayant réuni les documents nécessaires, les avocats en charge du dossier de Nabil lui ont dit que l’examen de son dossier par les autorités prendrait environ six mois. Craignant d’être déporté entre temps et de ne plus avoir le droit de revenir, Nabil décide sur conseil de ses amis, de tenter sa chance au Royaume-Uni. La vie n’y est guère plus simple puisque sans sécurité sociale il ne parvient pas à obtenir d’emploi à temps plein. Vivant avec la peur continuelle de la déportation, il décide de partir pour l’Afghanistan où, lui a-t-on dit il est possible de vivre sans papiers.

Capture et emprisonnement

Il arrive en Afghanistan en mars 2001 pour y étudier, quelques mois seulement avant les attentats du 11 septembre puis l’invasion menée par les Etats-Unis. Apeuré par des rumeurs selon lesquelles les Américains rechercheraient activement tout homme arabe il tente de fuir vers le Pakistan mais est blessé par une bombe.

Alors qu’il est dans un hôpital à Jalalabad, il est vendu aux américains qui offraient alors des primes de 5000$ pour la capture d’hommes arabes. Bien qu’il n’ait jamais mis les pieds dans un camp d’entraînement, et n’a aucun lien avec quelque groupe terroriste, il est capturé par des afghans, torturé puis livré aux américains qui le transférèrent à Bagram puis à Kandahar où il est à nouveau torturé, et interrogé. Maintes fois, au cours de séances de tortures, des interrogateurs américains lui disent qu’ils sont tout à fait conscients qu’il est simplement victime d’une erreur d’identité. C’est cet épisode à Bagram qui Nabil décrit souvent comme ayant été le plus pénible. Au début de l’année 2002, il est envoyé à Cuba, menotté et le visage recouvert.

A Guantánamo, Nabil a subi toutes sortes de tortures et traitements inhumains, allant de la privation de sommeil, aux températures extrêmes en passant par l’isolation prolongée. Durant des années il n’a eu accès qu’occasionnellement à la lumière du jour et aux soins médicaux. Son quotidien : une minuscule cellule en métal, sans fenêtre. Il n’a jamais pu recevoir de visite familiale et n’a eu, jusqu’à maintenant, de contact téléphonique avec ses proches qu’à de rares reprises au cours des onze dernières années. Nabil n’a jamais été condamné, aucune charge n’a été maintenue contre lui et il n’a jamais eu de procès. En dépit des souffrances qu’il a endurées, Nabil a toujours eu un comportement exemplaire à Guantánamo. Un garde de la prison l’a décrit comme étant “un artiste brillant, féru de football, et un jeune homme charmant.”

En 2007 Nabil est déclaré libérable par les américains, confirmant qu’il ne représente aucune menace sécuritaire pour qui que ce soit.

En août 2013, Nabil a été libéré et transféré en Algérie. Il tente de reconstruire sa vie, malgré les souffrances qu’il a subies aux mains des autorités américaines.

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